Indigo continue à nous livrer, dans ce troisième article, ses exercices pratiques pour apprendre à mieux dessiner le corps humain, les proportions et la perspective au moyen d’un simple petit pantin en bois.
Lire aussi les deux premiers articles : Intro au Royaume de Pantin et La mise en scène de Pantin
Pantin en perspective
Premier principe de perspective: toutes parallèles ne paraissant pas parallèles ont le même point de fuite.
Qu’est-ce qu’un point de fuite? C’est un point sur la ligne d’horizon (niveau des yeux de l’observateur) où toutes les parallèles entre elles mais ne paraissant pas parallèles se rejoignent.
Dans le cas d’une perspective frontale, où l’une des faces de l’objet à dessiner est parallèle à la ligne d’horizon, il y a un seul point de fuite (PF) appelé point de fuite principal (PFP), ou point de vision (PV), car il se situe au centre du champ de vision de l’observateur (mais pas nécessairement au centre du dessin).
Exemple d’un cube en perspective frontale :
Je commence par dessiner un carré « à main levée », c’est-à-dire sans règle, dont les côtés sont parallèles aux bords de ma feuille de dessin, et « à l’œil », c’est-à-dire sans mesurer (même si mon œil n’évalue pas très bien les proportions).

Puis je détermine la ligne horizontale qui est au niveau des yeux de l’observateur du cube, sur laquelle je dessine le point de fuite qui se trouve au centre de sa vision, lequel pourrait tout aussi bien se trouver à droite ou à gauche du cube.
À partir des 4 coins du carré, je trace 4 lignes droites qui convergent vers le point de fuite. Il est à noter que si le cube est au centre du champ de vision, 2 des lignes seront vues en transparence. Pour plus de clarté (d’autant plus que la qualité de mon scanneur laisse à désirer), je retrace en vert les lignes de constructions de l’étape présente, et en bleu les parties déjà expliquées.
Ensuite, en traçant la droite horizontale du fond de la face supérieure du cube, je délimite (toujours à l’œil) la profondeur apparente du cube, laquelle est inévitablement plus courte (par l’effet de raccourci dû à la perspective) que la profondeur réelle.
À partir de ces 2 nouveaux angles (ou sommets), je fais descendre 2 droites verticales jusqu’aux parallèles de la base fuyants vers le PFP.
Pour finir je trace la droite horizontale – inévitablement en transparence – qui délimite la base du cube, en reliant les points du bas des 2 lignes verticales que je viens de dessiner.
Je peux alors nettoyer mon dessin en effaçant les lignes de constructions dont je n’ai plus besoin. (Les lignes en transparence sont indiquées en pointillée.)

Tous les prismes rectangulaires se dessinent en perspective frontale de la même manière.
Ici, je me suis amusée à dessiner des boîtes que j’ai placées devant moi en perspective frontale. Je les ai dessinées à main levée, alors comme je ne suis pas vraiment douée, c’est un peu croche… mais c’est vraiment pour moi une bonne pratique pour apprendre à dessiner.
Voici le même dessin « nettoyé » :

Ci-dessous, j’ai mis en pratique ce premier principe de perspective avec des boîtes « volantes » et Pantin, lequel doit se tenir bien droit pour pouvoir être « mis en boîte » dans une perspective frontale (…et je crois bien qu’il est un peu raplati! J )

Puisque – paraît-il – nous apprenons plus de nos erreurs que de nos réussites, l’étape 4 donnera un aperçu de quelques erreurs de perspective que je fais lorsque je dessine selon l’idée que j’ai d’une chose, plutôt que de son observation véritable.






