Voici la cinquième partie du partage d’Indigo, portant sur le dessin du pantin en bois et la perspective à deux points de fuite, Cette partie fait directement suite aux deux articles précédents : Pantin et perspective ainsi que Pantin et perspective, la suite. (Lire aussi les articles : Intro au Royaume de Pantin et La mise en scène de Pantin)
Perspective oblique – 2 points de fuite
Dans le cas du cube en perspective frontale (voir étape 3), il y a seulement 1 point de fuite parce que toutes les arêtes qui ne sont ni horizontales ni verticales sont parallèles entres elles. Dans le cas d’un cube – ou autres prismes rectangulaires – dont il n’y a pas de face frontale (parallèle à la l’horizon) et donc pas d’arêtes horizontales, il y a 2 points de fuite car toutes les arêtes – qui ne sont pas verticales – ne sont pas toutes parallèles entre elles, mais se séparent en deux séries de parallèles (dont chaque série possède le même point de fuite, lorsque les parallèles ne paraissent plus parallèles à cause de l’effet de perspective)…. comme on peut le voir dans l’exemple suivant :
Il est à noter que les photos ont souvent une déformation plus prononcée que l’effet de perspective qui se manifeste à l’œil nu… mais idéalement, il serait possible d’après une photo de trouver la ligne d’horizon (niveau des yeux) et les points de fuite, lesquels dépassent cependant souvent le cadre de la photo.
Voici, étape par étape, la construction d’un prisme rectangulaire à 2 points de fuite
Je commence par dessiner la ligne horizontale du niveau des yeux, ainsi que l’arête verticale la plus proche des yeux de l’observateur.
Ensuite je dessine « à l’œil » les 2 arêtes (parallèles ne paraissant plus parallèles) d’une des faces latérales du prisme rectangulaire, lesquelles se rejoignent en un premier point de fuite sur la ligne d’horizon.
Je fais la même chose de l’autre côté de mon prisme, délimitant encore à l’œil l’angle des arêtes fuyantes.
Je délimite alors – toujours à l’œil – la profondeur de chacun des côtés en dessinant les droites verticales.
Je termine le prisme par la face du dessus en dessinant les droites du fond, toujours selon le principe des parallèles.
J’applique ce même principe si je veux dessiner la base en transparence.
Toujours en transparence, je dessine l’arête verticale du fond en reliant les 2 angles les plus éloignés, entre la base et la face supérieure.
Je peux alors effacer les lignes de construction dont je n’ai plus besoin.
J’ai tracé les lignes de construction de façon très marquée pour qu’elles soient apparentes sur les photos… mais habituellement, elles sont dessinées très légèrement afin de pouvoir les effacer facilement et proprement.
(Comme on peut le voir, mon système de photographie est assez « basic », mais s’il ne donne pas des résultats très professionnels, il a l’avantage d’être très simple et à la portée de tous : un petit appareil photo numérique, la lumière du jour ou électrique, un ordinateur… et c’est tout. Je pose le dessin à plat sur le plancher ou sur une petite table en tenant mon appareil photo au dessus… en essayant de cadrer le mieux possible. Je peux les recadrer plus tard si nécessaire (et jouer avec les contrastes) sur un logiciel comme celui de Photoshop.)
Tous les prismes rectangulaires étant placés parallèlement les uns aux autres auront nécessairement les 2 mêmes points de fuites.
Les prismes non parallèles entre eux auront des points de fuite différents.
J’ai ajouté – sur le même dessin – des prismes rectangulaires (non parallèles entre eux) placés selon des angles différents.
Le prisme en avant plan est en perspective frontale et n’a donc qu’un seul point de fuite, point de fuite principal (PFP).
Petite démonstration – ci-dessus – d’une rallonge de la ligne d’horizon (bande de papier collée par en arrière), ce qui peut être pratique pour vérifier les angles de perspective qui dépassent le cadre de la feuille de papier.
C’est encore et toujours au moment où je mets mon dessin « en valeurs », par la couleur ou de simples tonalités, que je « vois »… ce qui est tout croche! L
Une petite mise en pratique de dessin d’après nature avec pour modèles… des boîtes… et encore des boîtes… que je place devant moi selon des angles différents.
J’essaie de les dessiner à main levée.
Lorsque j’ai fini d’établir une structure solide – à l’aide des lignes de construction (perspective ou autres) – je peux dessiner les détails.
Un petit truc pratique : pour trouver le centre d’une face rectangulaire qui est sous effet de la perspective, il suffit de tracer les 2 diagonales rejoignant les coins opposés. Le centre est évidemment là où les diagonales se croisent.
Ça ne paraît peut être pas très intéressant de dessiner des boîtes mais, en plus d’aider à comprendre les principes de perspective, il faut reconnaître que de pouvoir les dessiner dans divers positions et points de vue, permet de « mettre en boîte » à peu près n’importe quel dessin pour mieux le comprendre… et ainsi lui donner une structure plus solide. C’est d’ailleurs la pratique que je me propose pour la prochaine étape
Et pour finir, je mets une autre fois Pantin en « boîte », dans une position toujours bien verticale, mais en perspective oblique cette fois-ci, sans face frontale.
Voici trois étapes de mon dessin :
En dessinant selon ce processus, j’ai eu un peu l’impression de sculpter un bloc de marbre… en moins fatiguant.